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Formule 1 : la France, un hôte sensationnel

10 ans après le dernier Grand Prix de France, la Formule Un est de retour sur les terres françaises, et pour la première fois depuis 28 ans, sur le tracé du Castellet. L’occasion d’assister à une course mouvementée pour les têtes du Championnat, décevante pour nos français, et révélatrice de talents précieux pour l’avenir de la discipline.

Le tracé du Paul Ricard est unique en son genre : ultra-sécurisé, il est caractérisé par ses longues bandes de couleur, censées ralentir les monoplaces en cas de sortie de piste.

Lewis Hamilton qui remporte pour la première fois une manche française et qui reprend par la même occasion la tête du Championnat, Sebastian Vettel et Esteban Ocon qui voient leur course ruinée dès les premiers virages, et Charles Leclerc à nouveau dans les points… le Grand Prix de France 2018 n’était pas de tout repos ! Sur ce nouveau tracé méconnu par l’ensemble de la grille, l’enjeu était de taille, tant l’évènement était attendu par le public français. Et malgré des problèmes d’accessibilité, une météo à risque et un tracé complexe, le spectacle était au rendez-vous pour cette huitième manche du Championnat.

Mercedes et Leclerc brillent en qualifications, les français à la traîne

Après des qualifications perturbées par un début de pluie, la tête de grille était occupée par les deux Mercedes de Lewis Hamilton et Valtteri Bottas. Les flèches d’argent étaient imbattables, le britannique ayant mené les trois séances de qualifications et son coéquipier lui ayant presque chipé la pole position, la course leur était promise. Sebastian Vettel talonnait alors de près les deux voitures de la firme allemande, sans jamais réussir à les détrôner de leur position. Suivent les deux Red Bull de Max Verstappen et Daniel Ricciardo en quatrième et cinquième positions, et de la Ferrari de Kimi Räikkönen. Surprises de ces qualifications : Carlos Sainz et Charles Leclerc. Si le premier a réussi l’exploit d’emmener sa Renault en septième position, tout en devançant son coéquipier, c’est sans doute la performance du second qui retiendra toute l’attention. Leclerc, au volant de sa modeste Sauber, s’est hissé en huitième position sur la grille. Un résultat inespéré mais bien réel, et qui confirme son talent évident tout en affirmant un peu plus sa position dans la Ferrari driver academy.

Les déceptions étaient aussi présentes lors de ces qualifications : alors que Renault et Sauber s’installaient en Q3, Force India peinait à s’extraire de la Q2, tandis que les McLaren n’ont même pas passé la première séance de qualification. Et pour couronner le tout, Romain Grosjean est sorti de piste avant même d’inscrire un temps en Q3. Cela ne pouvait qu’annoncer du beau pour les pilotes français…

Une course mouvementée dès le départ

Dès le premier tour, plusieurs accrochages : Vettel harponne Bottas au virage numéro 1. Il écopera d’une pénalité de 5 secondes, jugée “très insuffisante” selon Toto Wolff et Niki Lauda, les dirigeants de l’écurie Mercedes. En conséquence, le pilote allemand sera relégué en quatorzième place dès le deuxième tour, et offrira un beau spectacle de dépassements, pour terminer à la cinquième place. Autre rixe, cette fois entre trois français ! Esteban Ocon est percuté par Pierre Gasly dès le deuxième virage. Pourtant, Ocon n’en veux pas au pilote Toro Rosso : “Je suis surtout énervé contre Romain (Grosjean) qui m’a mis un coup de roue sans aucune raison […] Je n’en veux pas vraiment à Pierre (Gasly) car j’aurais peut-être été quand même obligé d’abandonner avant qu’il ne me percute”. Interrogé à ce sujet, Romain Grosjean s’est contenté de rétorquer à son compatriote : Qu’il apprenne avant de parler, sérieusement”.

Mis à part cela, le Grand Prix est animé comme expliqué par Vettel, auteur de manoeuvres audacieuses pour tenter de retrouver la tête de la course. L’épreuve est aussi ponctuée d’abandons, comme ceux de Fernando Alonso et Sergio Pérez, sur incident mécanique. Très remonté contre les performances de sa voiture, pas à la hauteur ce week-end, le pilote espagnol a déclaré à la radio : “Je n’ai pas de freins, je n’ai pas de pneus, je ne suis pas dans les points. Je vais essayer de faire ce que je peux, mais je me fiche un peu de Grosjean (son équipe l’ayant informé des écarts avec ses concurrents “.

Au terme des 53 tours de course, c’est avec une facilité décomplexée que Lewis Hamilton s’impose pour la 65ème fois de sa carrière. Max Verstappen et Kimi Räikkönen complètent le podium. Un joli point est marqué par Charles Leclerc, auteur d’une dixième place défendue tout au long de la course.

Le Championnat relancé, des français peu soudés

Après cette victoire, Hamilton reprend la tête du Championnat pilotes avec 145 points au compteur. Le britannique devance Sebastian Vettel de 14 points, et Daniel Ricciardo de 49 points. Au niveau du Championnat constructeur, Mercedes reste en tête, devançant Ferrari de 23 unités. Le Grand Prix de France a relancé les hostilités entre Hamilton et Vettel, les deux outsiders de cette saison. Les erreurs de ce dernier ont permis au britannique de combler son retard creusé en début de saison. Du côté des francophones, Pierre Gasly est 11ème avec 18 points, et Esteban Ocon 13ème avec 11 points. Romain Grosjean n’a toujours pas inscrit un seul point cette saison, tandis que le monégasque a marqué 11 points au volant de sa Sauber.

Cette situation est assez alarmante pour la cohésion des pilotes français, peu resplendissants tout au long de ce début de saison. Seul Pierre Gasly semble s’en sortir avec une quatrième place acquise à Bahreïn. Esteban Ocon est à la peine, au volant d’une monoplace bien moins compétitive qu’en 2017, et Romain Grosjean n’est plus que l’ombre de lui-même. Les français ressortent frustrés de cette manche du Championnat : “On va vite passer à autre chose, explique Esteban Ocon. Mais le cœur n’y est pas“.

Le Grand Prix de France, victime de son succès

Malgré une course plus ou moins animée et ponctuée par de nombreux faits de course, l’évènement en lui-même a été perturbé par des problèmes d’accès au circuit et des embouteillages monstrueux. Sur les 15 000 spectateurs attendus, près de 30 000 se sont présentés dans l’enceinte du circuit. Résultat : des heures passées à rouler au pas pour plusieurs kilomètres, une attente interminable pour sortir des parkings, et des spectateurs manquant à l’appel pour les jours précédant la course en elle-même. Comme le rapporte Le Monde, il ne faut pas oublier que les 24 Heures du Mans, qui se sont tenues la semaine dernière, ont accueilli près de 250 000 personnes, sans encombres notables.

Une leçon à retenir à l’avenir, le Grand Prix de France étant reprogrammé pour les cinq prochaines années. Du côté des pilotes, pas le temps de souffler : la prochaine épreuve, en Autriche, se tient dès le week-end prochain, suivi par celui de Grande-Bretagne, à Silverstone.

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Journaliste VL.
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