C’est aujourd’hui, samedi 15 décembre, le cinquième acte du mouvement de contestation des Gilets Jaunes. Si le mouvement connaît une baisse d’effectif depuis déjà deux semaines, les plus téméraires sont toujours sur les Champs pour faire entendre leurs mécontentements.

Malgré la prise de parole du président, le mouvement ne s’éteint pas. Bien que les revendications traitant du pouvoir d’achat des Français semblent mises de côté pour le moment, ils sont aujourd’hui encore dans les rues pour obtenir cette fois-ci le R.I.P ou le R.I.C ( Referendum d’Initiative Populaire/ Citoyenne). L’objectif est de rendre le pouvoir décisionnel au peuple afin de destituer le Président et dissoudre l’Assemblée nationale. 

Le mouvement

Trois gros cortèges se déploient ce matin dans la capitale, l’un sur les Champs Élysée, un autre gare St Lazare et le dernier Place d’Opéra. Ces trois positions relativement proches au coeur de la capitale imposent trois gros dispositifs de sécurité.

Ce matin, un nombre particulièrement restreint de Gilets Jaunes s’est rendu sur les Champs dès 5h30. Au vu du nombre, les autorités ont décidé de les parquer sur un trottoir afin de relancer la circulation. Les manifestants se sont donc bien vite retrouvés coincés sur un terrain diminué et encerclé par les forces de l’ordre. La tension est vite montée, les protestataires ayant réussi à faire éclater le barrage et à se disperser un peu partout. Un groupe s’est dirigé dans le XVIe arrondissement, voisin des Champs. Ils se sont enfoncés dans une ruelle du quartier, juste derrière le Palais de Tokyo, mais ont vite été bloqués dans cette même rue. Les manifestants se sont tous positionnés comme un peloton d’exécution, en référence aux images de Mantes-La-Jolie.

Place de l’Opéra, aux abords des grands magasins, ils ont également été très vite encerclés par les autorités. Bien qu’ils aient tenté de commencer une marche, les forces policières les ont canalisés sur le perron du bâtiment Garnier.

A St-Lazare, la situation est plus délicate encore. La Préfecture de police dit ne pas avoir reçu d’avertissement d’une manifestation sur ce lieu, les autorités ne pouvant donc les laisser avancer. 

Des forces de l’ordre tendues

Comme la semaine dernière, la Préfecture de Police de Paris, sous l’égide de Mr. Delpuech, a annoncé la fermeture d’un grand nombre de gares et de stations de métro parisiennes. Auber et Charles de Gaulle sur le RER A sont bouclées pour la journée, tout comme l’intégralité de la gare St-Lazare, gare la plus fréquentée de Paris. Les mobiliers urbains et des chantiers ont été retirés du paysage parisien afin d’empêcher toute barricade ou projectile contre les autorités. La fermeture d’un grand nombre de magasins a aussi été annoncée.

Les dispositifs font état du même nombre de policiers mobilisés que la semaine dernière, à savoir environ 8 000 dans Paris, ainsi que 14 véhicules blindés de la gendarmerie. Ce dispositif, révélé par Marianne, a la capacité de pulvériser une poudre incapacitante sur la population mais aussi des lames vers les roues pour dégager les barricades. Des brigades équestres ont d’ailleurs été déployées aux abords d’Opéra pour l’occasion.

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