Soulagement à Sofia, où l’équipe de France s’est imposée dans la douleur face à la Bulgarie (0-1). Les bleus s’en sont remis à une réalisation de Blaise Matuidi en tout début de match. Ils reprennent ainsi la première place du groupe A des éliminatoires de la Coupe du monde 2018 aux Suédois, larges vainqueurs du Luxembourg (8-0).

Le match : merci Matuidi, et c’est à peu près tout

Ce fut laborieux, mais les bleus tiennent leur victoire. Contraints de s’imposer en Bulgarie après le festival suédois, les hommes de Didier Deschamps peuvent remercier Blaise Matuidi. Buteur dès la troisième minute de jeu, le milieu de terrain de la Juventus s’est mué en sauveur d’un match globalement décevant. Bien servi par Antoine Griezmann après un centre de Lucas Digne, l’ancien Parisien a crucifié Plamen Iliev d’un angle impossible. Les bleus n’avaient plus marqué dans les trois première minutes d’un match depuis une réalisation de Karim Benzema en octobre 2014, contre le Portugal.

Organisée dans un 4-3-3 inhabituel avec Lacazette en pointe et Tolisso au milieu de terrain, l’équipe de France a globalement dominé le premier acte sans jamais parvenir à faire le break. Il s’en est d’ailleurs fallu de peu pour que les Bulgares – bourreaux des bleus de Ginola en 1993 (1-2, défaite qui priva les bleus de Coupe du monde) – n’égalisent avant la mi-temps. Tentaculaire, Hugo Lloris a réalisé une double parade exceptionnelle sur Nedelev et Kostadinov pour préserver l’avantage (37ème).

Après cela plus rien, ou presque. Si la défense tricolore n’a pas été inquiétée outre mesure en seconde période, celle des Slaves s’est montrée suffisamment efficace pour contrer les quelques incursions françaises. Ni Mbappé ni Lacazette, ou même Giroud – entré en fin de match – n’ont réussi à faire sauter le verrou bulgare. De quoi nourrir une prestation bien terne, mais suffisante pour s’assurer de disputer au moins les barrages en novembre. Les coéquipiers de Ngolo Kanté – sorti sur blessure en première période – pourront valider directement leur billet pour la Coupe du Monde s’ils s’imposent mardi face à la Biélorussie.

L’analyse : un potentiel offensif gâché par les choix de Deschamps 

Sur le papier, l’équipe de France possède sans aucun doute le potentiel offensif le plus impressionnant d’Europe. Mais samedi soir, il était invisible, et Didier Deschamps en est le principal responsable. Attendu pour ses choix, le sélectionneur a tout chamboulé en alignant un 4-3-3 inédit. Exit Olivier Giroud, c’est un autre Gunner qui a pris la pointe de l’attaque des bleus. Auteur d’un bon début de saison outre-Manche, Alexandre Lacazette s’est complètement noyé, ne parvenant presque jamais à trouver la profondeur.

Il faut dire que ses deux compères d’attaque ne l’ont pas beaucoup aidé puisque Kylian Mbappé et Antoine Griezmann ont très souvent dirigé leurs appels vers l’axe, ne laissant que peu d’espace au Gunner. Transparent en seconde période, le joueur de l’Atletico Madrid a déçu. Il n’est pas parvenu à s’imposer comme le leader d’une attaque qui s’est marché sur les pieds pendant près de 70 minutes. Un véritable flop offensif en partie dû aux choix initiaux de Didier Deschamps, puisque ni Griezmann ni Mbappé n’ont évolué à leur poste habituel.

Peut-être des changements mardi

C’est finalement le néo-Parisien qui s’en est le mieux sorti. Très peu en réussite sur ses premières prises de balle, Kylian Mbappé a sauvé son match sur quelques fulgurances dont il a la secret. Peu concerné par le travail défensif, il s’est montré parfois individualiste, mais reste le joueur au talent exceptionnel qu’on lui connaît. Capable de changer le cours d’un match à tout instant, il sera précieux pour les bleus lors des rencontres à venir. La première aura lieu mardi prochain et sera décisive en vue du mondial russe. L’occasion pour le sélectionneur d’apporter de nouveaux changements à son attaque, en donnant sa chance à Olivier Giroud par exemple.

Emilien DIAZ