Culture

VL a assisté à la Masterclass du PALMASHOW !

Ce mercredi 03 avril, il fallait être au Théâtre des Béliers Parisiens, c’est ici que se tenait une masterclass très attendue avec le duo comique le plus célèbre de sa génération : Le Palmashow.

C’est une des écoles d’art dramatique les plus réputées de Paris (Cours Acquaviva – ateliers du Sudden) qui a pris l’initiative de réunir les deux comédiens Grégoire Ludig et David Marsais dans ce petit théâtre du 18ème arrondissement. Il est 10h du matin, devant une assemblée d’étudiants impatients, arrivent en toute décontraction le duo inséparable du Palmashow, prêt à répondre à toutes les questions. Après une introduction enthousiaste, monsieur Raymond Acquaviva, professeur de théâtre et président de l’école, nous parle de son ancien élève Grégoire Ludig, un étudiant sage et loin de l’image comique que l’on peut lui prêter aujourd’hui.

Pourtant Grégoire était déjà bien déterminé à vivre de sa passion et à faire des sketchs, il a en effet commencé à en écrire à l’âge de 16 ans avec son pote de toujours David. Choix étonnant, ils décident de se séparer volontairement pour faire 2 écoles de théâtre différentes. Pendant ce temps, ils enchaînent les petits boulots (station essence, Toysrus, McDo, standardiste…), ce qui va leur permettre de réinvestir ce qu’ils gagnent dans la production de leurs sketchs, des sketchs « pourris » selon eux mais qui sont devenus avec le recul, très sentimentaux aujourd’hui. En parallèle des cours, ils écrivent leurs sketchs en banlieue parisienne, dans la fameuse Zone 5 (« zone molle » selon Grégoire, ils allaient tourner leurs sketchs dans la forêt) et se lancent sur Youtube en 2008.

Grégoire Ludig a commencé dans un groupe de rap du nom de « Palmares », devenu ensuite le palmashow (donc rien à voir avec Pierre Palmade comme ils aiment le rappeler, celui-ci ayant d’ailleurs intenté un procès au duo trouvant que leur nom se rapprochait trop du sien, une histoire qui s’est finalement bien terminée selon eux). C’est donc avec ce pseudo qu’ils vont ensuite se faire repérer après, il faut bien le dire, des années de galère. D’une motivation à toute épreuve, ils n’hésitent pas à frapper aux portes des producteurs et des chaînes de télé, font des castings de pub, de la figuration…malheureusement beaucoup de désillusions pour les deux comédiens qui « n’avaient pas prévu de plan B » tellement ils avaient confiance en leur plan A, une confiance qui d’après eux est à opposer à la prétention.

Leur secret ? Dès le début, ils prennent l’écriture très à cœur et le font avec beaucoup de sérieux car l’humour demande une rigueur incontestable, ce qui va les pousser à se contraindre à des horaires de bureaux strictes. Après beaucoup de rendez-vous, de démarchage et de faux espoirs, ils font une rencontre qui va changer le cour de leurs vies. Grâce à leurs vidéos sur Youtube qui commencent à bien fonctionner, l’acteur Christophe Lambert les repère, ils se rencontrent et leur propose de monter leur propre boîte de production. C’est ici que commence la folle histoire de leur succès croissant et mérité. Grégoire et David se souviennent d’ailleurs d’une phrase de Christophe Lambert qui disait « Ce métier c’est 80% de travail, 10% de talent, 10% de chance ».

Ils reconnaissent, certes, avoir eu beaucoup de chance mais aussi avoir travaillé avec acharnement sans jamais cesser de croire en leur bonne étoile. Un travail qui va payer de plus en plus puisqu’en été 2010, ils signent un contrat avec la chaîne Direct 8 (Actuelle C8) avec une seule condition indiscutable : garder leur liberté de ton ! Un pari réussi pour le duo et pour la chaîne puisqu’avec leur série de sketchs « Very Bad Blagues » ils explosent les audiences et continuent leur ascension sur Youtube, une belle réponse au producteur de « Scènes de ménage » qui leur avait dit à l’époque « arrêtez les parodies ça marchera pas ».
Avec l’argent de la télé, ils arrêtent leurs petits jobs respectifs pour se consacrer à 100% à leur passion : écrire et jouer des sketchs.

C’est dans les bars parisiens que se poursuit cette belle histoire d’amitié puisque c’est dans ces lieux que Le Palmashow va écrire la plupart de ses sketchs, un endroit de vie où ils peuvent observer et tester leurs vannes. C’est d’ailleurs comme ça qu’ils définissent leur humour : de l’observation, les constats de la vie quotidienne, les rencontres, tout cela mêlé à de la bienveillance et surtout pas de leçons de morale. Les 2 comédiens établissent d’ailleurs un constat étonnant, internet se lisse beaucoup plus que la télé contrairement aux idées reçues : « dire qu’il y a de la censure pour nos sketchs à la télé c’est totalement faux et démagogique puisqu’on a toujours eu une liberté totale que ce soit sur D8 à l’époque ou dans le groupe TF1 aujourd’hui, en revanche certains de nos sketchs ont été censuré par Youtube, ça fait réfléchir sur la liberté selon internet » mais ils relativisent et remercient internet qui est primordial pour réussir et qui leur a permis d’être visibles à une époque où ils n’étaient encore personne.

Grégoire Ludig et David Marsais reviennent également sur un point important, ne jamais attendre qu’on vienne vous chercher dans ce métier car vous risquez d’attendre très longtemps, il est important d’initier des projets, d’avoir une idée précise de ses objectifs et de s’y tenir. Sous le regard amusé des étudiants présents, ils ont livré plusieurs anecdotes sur la création de leurs personnages fétiches comme Gaspard et Baltazar, leur rencontre avec leurs idoles « Les inconnus » (une consécration) et leur collaboration avec l’homme de l’hombre du duo, le réalisateur Jonathan Barré, présent depuis le début et qui a ensuite réalisé leur premier film « La folle histoire de Max et Léon », une comédie osée et hilarante sur la seconde Guerre Mondiale (un sujet un peu sensible pour certains producteurs, comme la chaîne M6 qui a dit non pour produire le film…ils se sont donc auto-produits).

Les 2 acteurs à succès ne veulent pas vendre trop de rêve aux étudiants et préfèrent offrir leur honnêteté sur la dure réalité du métier (cinéma, télé, théâtre). D’après leur expérience, il faut déjà bien savoir s’entourer et ne pas être trop pressé car la réalité (souvent difficile) rattrape la théorie des cours de théâtre : (David) « il y a des choses que l’on apprend pas à l’école…gérer l’espace, avoir une lumière à 10cm de soi, jouer dans un espace très réduit où il ne faut pas trop bouger pour des raisons techniques, la claque d’un plateau de tournage où l’ingénieur du son te colle un micro aux fesses, tu n’as le droit qu’à une seule prise, il faut être bon tout de suite, tout va très vite et il est essentiel de savoir maîtriser son égo car il faut être armé pour s’en prendre plein la gueule…déjà aux castings l’ambiance est horrible, il faut dédramatiser et pas trop se poser de questions car il faut être conscient que le cinéma n’est pas un milieu sain ».

Néanmoins, il ne faut pas se démoraliser, ils ont mit 10 ans avant d’écrire un bon sketch et ils ne cachent pas leur volonté de mettre en avant de nouvelles têtes dans leurs films car il est difficile aujourd’hui de convaincre des producteurs sans têtes d’affiches ou avec un casting inconnu, un challenge qui les motive ! Ce qui fait leur force encore maintenant, c’est cette amitié sincère (« on est un couple qui dure car on arrive encore à se surprendre après tant d’années et être à 2 ça motive beaucoup plus ») et une remise en question permanente (« Malheureusement rien n’est acquis dans ce métier, tout peut s’arrêter à cause d’une erreur ou d’un mauvais sketch, nous sommes à l’abri de rien ».

En guise de conclusion de cette masterclass de 3h, Grégoire et David évoquent quelques fiertés comme les bons retours de PNL sur leur parodie du clip « À l’ammoniaque » ou plus récemment un joli mail d’Aya Nakamura saluant l’efficacité de la parodie de « Djadja ». Les 2 acteurs continuent de rêver et espèrent avoir Gérard Depardieu dans un prochain sketch, en attendant, ils tourneront ensemble dans le prochain film de Quentin Dupieux (tournage prévu dans 1 an) dans lequel ils interprèteront des personnages antagonistes et avouent avoir envie de refaire du théâtre…

Une rencontre inspirante avec 2 bosseurs passionnés qui semblent bel et bien avoir les pieds sur terre, merci à eux pour ce moment privilégié plein d’humour et de sincérité. Vous pouvez retrouver tous les sketchs du Palmashow sur Youtube et rendez-vous ce dimanche 07 avril pour la diffusion de leur film « La folle histoire de Max et Léon » à 21h sur TF1.

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